Forcé à être professeur de Yoga !

Mis à jour : 7 sept. 2018


Ce mardi 4 septembre 2018, j'entamais ma 11ème année d'enseignement du Hatha Yoga. Ma formation de professeur de Yoga a débuté avec beaucoup de réticence en février 2007... et 11 ans après elle se poursuit toujours ! Voici comment devenir professeur de Yoga quand on ne le veut pas ! #yoga #HathaYoga #ProfesseurYoga #FormationYoga #ashram


Voilà 11 ans que j'enseigne et partage les secrets du Hatha Yoga avec mes élèves !


Que ce soit à Sciences-Po Paris, dans les ashrams et centres de Yoga Sivananda, aux quatre coins de Paris pour les clubs fitness HealthCity, à l'Institut d'étude du Bouddhisme Tibétain Vajra Yogini ou au Yoga Day Bruxelles 2018, j'ai toujours pris beaucoup de plaisir à voir mes élèves découvrir et approfondir cette pratique puissante qu'est le Hatha Yoga. Mais tout n'a pas toujours été si rose...


Enseigner le Yoga, ici et ailleurs...



Si j'ai commencé le Yoga lors d'un séminaire donné par le très célèbre Deepak Chopra, à Genève en 2001, c'est en 2007 que j'ai reçu mon diplôme officiel de professeur.


De façon très égoïste et auto-centrée, j'étais parti en Inde pour m'immerger totalement dans cette pratique, uniquement pour le bien-être de ma petite personne mais surtout pas pour devenir professeur de Yoga !


Je suivais donc la formation de professeurs de l'école Sivananda avec l'idée que cela me permettrait de pratiquer 12 heures par jour mais - je dois l'avouer - les cours d'enseignement donnés l'après-midi ne m'intéressaient que très vaguement...


Formation de professeurs de Yoga - Vrindavan - Inde - 2007



Hélas - à l'époque -, mes maîtres m'observaient enseigner "de force" lors de ma formation. Ils m'ont alors immédiatement mis le grappin dessus : "Dès que tu rentreras à Paris, tu enseigneras bénévolement au Centre !"


" Horreur ! Malheur ! Je les laisserai chanter... mais jamais je n'enseignerai ! Je dois déjà m'occuper de moi, de moi et encore de moi, alors les autres..."


J'avais cependant un gros avantage, le bénévolat ne me posait aucun problème dans la mesure où il me semblait que la cause le justifiait.


A peine de retour à Paris, leur demande ne se fait pas attendre et on me propose de devenir professeur au Centre Sivananda. Mais avant cela, je devrai assister un professeur professionnel sur une dizaine de cours, histoire de me mettre en conditions réelles.


"Ok, ! J'assiste un prof, mais après, terminé !"


Sans trop comprendre comment, je me retrouve 1 mois plus tard à enseigner à une salle pleine !


Pour mon plus grand malheur, le cours plaît beaucoup et on me demande alors de revenir la semaine suivante... Je n'arrive pas à dire non.


"Pfff... Ça marche pour un cours par semaine, mais alors juste un cours par semaine... Non mais quel karma de chiotte..."


Et puis comme ça se passe plutôt bien au Centre, j'accepte de donner quelques cours particuliers à des amis proches histoire de me faire un peu d'argent de poche.


Le Centre Sivananda me propose ensuite d'animer des stages pour débutants, des ateliers Posture sur la Tête, des cours avancés et de poser pour des catalogues...


Catalogues et flyers des Ashrams et Centres de Yoga Sivananda



Je dis oui à tout sans trop savoir pourquoi, à aucun moment je n'ai la sensation qu'il s'agit pour moi d'une vocation ! Oui, je recule toujours un peu... Je me considère alors comme un mauvais garçon qui commence à dire non un peu trop souvent.


Ce petit manège dure jusqu'en 2012 où une collègue extrêmement professionnelle et bienveillante me propose de la remplacer pour donner des cours à Sciences Po. Paris. Je devrai aussi évaluer les élèves en vue de créditer leur diplôme de quelques points.


" Sciences Po. Paris ? Ouh, mais c'est prestigieux, non ? Ok ! Pourquoi pas... "


Malgré tout, je ne suis pas fou et je vois bien que mes élèves sont extatiques à la fin des séances : le Yoga leur fait un bien dingue, ils viennent me voir pour témoigner de nombreux changements, certains veulent savoir si j'enseigne ailleurs...


Je commence alors à comprendre que j'ai peut-être cette aptitude à partager les bénéfices que la pratique m'a apporté à moi-même. Finalement, c'est peut-être cela que les maîtres avaient senti quelques années auparavant.


"Oui, finalement, peut-être qu'un jour je serai professeur de Yoga..." (Sans m'en rendre compte, voilà déjà 4 ans que j'enseigne... No comment...)


Et là tout s'enchaine très vite. Ma carrière de comédien avait plutôt bien démarré (oui, il m'arrive encore de temps en temps de jouer la comédie) mais voilà qu'elle est au point-mort depuis un moment, il va falloir que je trouve du boulot !

Un club de sport HealthCity ouvre dans mon quartier, je présente une vidéo de ma pratique - histoire de dire que j'ai l'air de chercher du travail - à une directrice fitness très réceptive : "Vous commencez demain !"


"Eh merde..."


Et voilà comment, petit à petit, je me retrouve à donner jusqu'à... 17 cours par semaine !


J'avoue avoir été pris un peu par surprise par ce grand mouvement imprévu. Mais j'allai grâce à cela aider des personnes à mieux appréhender leur corps tout en vivant totalement de mon activité ! L'éthique, l'aide bienveillante et les finances en un seul package... il y avait là quelque chose qui faisait vraiment du sens.


En parlant d'argent, la rétribution financière dans le Yoga sera sûrement le sujet (tabou) d'un prochain article. En effet, il y a beaucoup de confusion et de fausses idées par rapport à la monétisation de l'enseignement. Mais oui, c'est un autre sujet.


Aujourd'hui, je ne suis toujours pas sûr d'avoir "la vocation". Mais je trouve la plus grande des motivations à aider mes élèves personnes à se dépêtrer de leur corps ou à les porter vers de nouveaux horizons de bien-être.


Semaine de révision des professeurs Sivananda - Ashram Sivananda - 2012


Beaucoup de personnes pensent que je suis obsédé par le Yoga alors que ce n'est absolument pas le cas, même si je n'ai de cesse d'apprendre et d'étudier de nouvelles techniques, de lire, de participer à des stages... Après tout il s'agit de mon métier !


Mais il y a bien longtemps que tout ceci devenu très "quotidien" pour moi - je n'ose pas dire routinier. La pratique et l'enseignement du Yoga représentent tout au plus 10 % de mes journées, même si c'est devenu mon activité professionnelle principale. Le reste du temps, je n'en parle jamais et j'évolue très souvent dans des milieux et des univers à l'exact opposé de cette philosophie !


Mais quel bonheur de voir des élèves débuter, progresser, et découvrir qu'ils ont le pouvoir de se défaire de leurs limitations physiques par leur seule pratique personnelle !


J'ai enfin compris que le Yoga ne devait pas être pour moi un outil de satisfaction personnelle mais bien un moyen de contribuer au bien-être des autres ! Merci mon Dieu ! Il était temps !


Après 17 ans de pratique et 11 ans d'enseignement, voilà donc où en est ma relation avec le Yoga : grâce à cette technique j'ai eu la possibilité d'aider des milliers de personnes à reprendre le contrôle de leur corps et à améliorer leur quotidien. Ils peuvent ainsi réaliser de grandes choses sans avoir sans cesse à penser à des douleurs ou des contraintes physiques.


Et jusque à la fin de cette vie, il y a de grandes chances que je continue à enseigner même si je serai toujours conduit vers d'inconnus horizons, des passions nouvelles ou de grandes réalisations dans des domaines tous plus variés les uns que les autres.


Ce doit être là le devoir de transmettre aux autres ce qui nous a nous-mêmes transformés.


J'espère donc que j'aurai le plaisir plaisir de vous rencontrer lors d'une séance commune !


D'ici là je vous souhaite une bonne pratique et de très belles découvertes !


Namasté !


Sébastien